Voici un extrait d'un de mes films préférés : " Le Corbeau" d' Henri-Georges Clouzot.
Tourné en 1943 en pleine guerre et produit par la société allemande " Continentale", ce film avait tout pour créer le scandale. Ca n'a pas loupé. Jugé comme anti-français ( la revue " L'ecran Francais" titrera notamment " le corbeau est déplumé"), son réalisateur ( auteur deux ans avant du sublime " L'assassin habite au 21") fut interdit de tourner après la guerre et ne toucha à nouveau une camera qu'en 1948 ( illégalement ) pour réaliser un autre chef d'oeuvre : " Quai des orfèvres".
Ce film utilise un fait divers arrivé dans les années 20 à Tulle (où un corbeau avait sevi) pour depeindre la société française durant la guerre : un climat notamment de suspicions, de rumeurs nauséabondes et de dellations. Résultat : une réalisation au scalpel, une scenario en béton armé, une interprétation saisissante. Bref, un chef d'oeuvre.
Ce cinéaste genial fut trainé dans la boue- comme beaucoup de très grands cinéastes de l'époque comme Becker, Carné ou Duvivier- par la Nouvelle Vague et mérite maintenant amplement d'être considéré tel qu'il est : un des plus grands réalisateur et AUTEUR ( je le met en gros parce que c'est justement ce que Godard, Chabrol ou Truffaut - qui l'appelaient " La Clouze "- lui reprochaient de ne pas être !!! ) que le cinéma français ait connu ! Il ne survivra pas - comme beaucoup d'autres de grands cinéastes- à la Nouvelle Vague.
Voici un extrait d'un des moments le plus fort de ce film : la scène de la lampe entre le Docteur Germain ( Pierre Fresnay) et le Docteur Vorzet ( Pierre Larquey ).
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